J'ai eu 40 ans cette semaine. Je n'étais pas sûre de me rendre. Mais m'y voilà. :) HOURRA !
Fini la jeune adulte vivant avec un cancer (15-39 ans)
De toute façon, il n'y a plus de traces de la bête depuis
48 heures après le début du traitement. Ça nous fait donc 3½ ans
"cancer free". Hourra !
Je suis maintenant une (moins jeune) adulte vivant après un cancer.
Il y a quelques années, lors du rv où on m’annonçait des métastases du mélanome, je posais LA question sur un ton faussement détaché:
- Je sais bien qu'on va tous mourir, mais, bon, moi, mettons ?
- Quelques mois, quelques années. Ça dépend de la réponse au traitement.
- (...)
J'avais 36 ans.
J'en ai maintenant 40.
Hourra !
Pour l'occasion, j'ai pris une semaine, un gros 10 jours de vacances de ma vie. Bon, c'est sur que avoir 40 ans, ça se souligne pis moi, je le souligne seule en campagne.
Bon pas si seule que ça, j'ai eu quelques visites d'amies mais je suis restée seule avec moi-même pendant plusieurs heures, à peine quelques jours.
J'ai flanché sur fb et messenger, mais que voulez-vous, j'avais des partys de filles de chalet à organiser et un tit-bonhomme à aimer à distance.
Faque, il ne m'a pas tant resté de moments de solitude.
Mais tout de même. j'ai pas ouvert la tivi, ni la radio.
Un peu de bouddha bar en écrivant ceci, pis c'est pas mal toutte.
Ça aura pris quelques heures avant que le bruit dans ma tête arrête.
C'est fou la stimulation constante que je peux avoir. Même en étant seule à la maison toute la petite journée d'école. Mais c'est comme si je n'étais jamais seule, y'a du bruit dans ma tête.
Faut vraiment que je règle ça.
Et partir à la campagne, en solo, ça me permet de me re"grounder" et ainsi d'envoyer le hamster en vacances. Hourra !
Dernièrement, j'ai commencé à me faire des mercredis tranquilles. Pas de tv, pas de internet (sauf si besoin réel : recette, image, patron), pas de radio . Ce sont mes journées préférées. Elles sont reposantes. Je tourne en rond un certain temps, pcq mon réflexe est l'ordi, le cell, la tivi. Facile. Surtout quand t'es fatiguée, c'est si simple.
La question d'aujourd'hui est de savoir si je suis capable d'augmenter le nombre... à suivre. Mais je pense que oui. Faut juste pas l'oublier.
Un des buts premiers - outre le fait de dormir tout ce que j'ai besoin - était d'écrire. Pis là, l’inspiration vient pas. :/
Habituellement, j'écris sous l'émotion , cette rage/indignation/émotion sort toute seule en cas de crise.
Mais là, pas que mon cas soit réglé - oh que non : on est toujours dans la fatigue chronique avec ses états dépressifs. Mais l'automne est terminé, les antidépresseurs et le syntroid, une nouvelle fois ajustée.
Se coucher tôt, ne pas dépasser ses limites - aussi petite soit-elle : on parle de 3 minutes de wii par jour... ça vous donne une idée.
BO-RING !
Kessé que tu veux écrire la-dessus !?
Et finalement, je me dis que oui, faut écrire ça.
Cet après cancer plate. Pas de normalité en vue. Pas de retour à la vraie vie d'avant.
Non, non, j'annule encore 3 activités sociales sur 4. Trop fatiguée. Me faire sortir de chez moi est tout un défi.
"Faut que je m'habille belle là ? pffff! je reste en mou et je me couche, that's it. J'ai une autre journée à vivre demain."
Ma vie de maman et de survivante (j'accepte de le dire maintenant, pcq franchement, je survie, c'est pas la grande vie de qualité; non non plutôt une toute petite vie tranquille et routinière) est ordinaire. Presque plate. Mais heureusement, un enfant de 6 ans et un mari clown, ça vous amène des sourires.
Alors, voici où j'en suis.
Thérapie ciblée contre le mélanome arrêtée depuis presque 3 ans.
Selon mon oncologue, j'aurai dû me sentir mieux 2 semaines après la fin du traitement. (WHAT ?!!)
Selon le psychiatre, ne rien espérer avant un an sans médication et probablement 2 ans. Les traitements contre le cancer, c'est rough !
Mon médecin de famille ne sait pas pourquoi.
Selon un rhumatologue, c'est peut-être le syndrôme de fatigue chronique (encéphalomyélite myalgique chronique), mais on ne sait pas ce qui le cause et on ne sait pas le traiter. Faque. Fin de la consultation. Huit minutes top chrono.
Faque si je vous résume :
- La thérapie ciblée, c'est un remède de cheval;
- Ça semble avoir convaincu les métastases de se taire;
- Ça a semblé avoir convaincu mon système immunitaire et ma forme physique de se taire aussi.
- Grosso modo, j'ai la shape d'une tite-vieille de 65 ans maganée. Une amélioration tout de même, pendant le traitement, je ressemblais plus à du 90 ans.
- J'ai l'apparence d'une trentenaire. (ok, d'une quarantenaire, ça magane la face aussi!)
- Quand tu me vois, tu peux pas te douter que je fais un repos de 2 heures après l'épicerie.
- Mes activités de jour de semaine sont prévues en fonction des allé-retour à l'école du coin (450 mètres de marche).
- Je ne garde pas mon fils pendant les journées pédagogiques, c'est trop fatiguant pour moi.
Et dire que je pensais être de retour 3 mois après la fin du traitement.
haha !
Erreur.
Majeure.
Depuis ce jour où je n'en pouvais plus de ce traitement et que j'ai décidé de reprendre ma vie en main et de vivre à fond avec ma petite famille; j'espère toujours avoir un semblant de vie normale, avec un statut autre que invalide. je fais tout ce que je peux pour aller mieux.
J'ai eu 40 ans, il y a quelques jours.
Je ne suis plus une jeunes adulte vivant avec un cancer.
Je vis fatiguée
Je suis invalide
J'accepte - en général - mes limites
Bref, je suis vivante !
Mange d'l'amour cancer !
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jeudi 17 janvier 2019
vendredi 12 octobre 2018
J’ai mal à mon mal invisible.
Je
me souviens de ma mère qui ne mangeait à peu près jamais la même chose que nous
à table, elle était toujours à la diète (aujourd’hui encore à plus de 60 ans et
toujours en surpoids). C’est donc le modèle féminin avec lequel j’ai évolué.
J’ai fait mon premier régime (compter mes calories à 500 par jour) quand j’avais
même pas 14 ans. S’en est suivi Scarsdale, Minçavi et
finalement une décennie plus tard Weight Watchers. Ce
dernier m’a d’ailleurs beaucoup aidé avec ses points acti-points et le fait de
pouvoir manger de tout ! C’était super.
J’ai souffert de 2 cancers (étonnamment pas ceux du système digestifs… ceux-là, j’aurai compris, tsé!) au cours des dernières années et j’ai évidement pris du poids. Comment survivre à la chimio et aux divers traitements sans prendre une livre – ils existent mais ils sont rares, les minces en traitement. Cet état d’épuisement demande de l’énergie. Alors, tu dors, tu manges et tu essaies de survivre…
Heureusement,
pour moi, j’ai un bon contrôle sur moi-même ce qui me permet de ne pas prendre
trop de livres. J’ai un poids maximum. Il m’est impensable de trop dépasser un
certain chiffre sur la balance. Alors que je suis bien dans un XYZ (j’avoue que
je vise un peu plus bas mais c’est franchement juste une question de chiffre.
Parce que j’aime mon corps, même à xyz + 2, tsé !). Quinze livres de trop, c’est
pas la mer à boire, mais c’est toujours chiant de ne pas rentrer dans son
linge.
Je
suis sans traitement de cancer depuis plus de 2 ans et la fatigue extrême est
toujours présente. Un peu moins, un peu moins longtemps par contre, ce qui me
permet d’être un peu plus active et donc de même penser à pouvoir perdre du
poids.
Je
suis donc retournée voir mes amies WW. J’ai réussi à perdre les 15 livres en 4
mois que j’avais prises le mois suivant mon opération pour la thyroïde (oui,
oui, 15 livres d’un coup !). On m’avait dit : quand la thyroïde marche
bien, ton corps rétablit ton poids. Ça va se faire tout seul.
Permettez-moi
d’en rire ! Ce n’est jamais parti tout seul… mais quand on a un trouble
alimentaire et que ta thyroïde est devenue un déchet médical, ce n’est,
peut-être, pas possible.
Bref,
j’en ai travaillé une shotte pour les perdre ces 15 livres là. Je les ai compté
mes points. J’ai regardé mon amoureux continuer à se taper ses 3 assiettes au
souper (bon, il fait 1h30 de vélo par jour… moi, j’écoute la télé… c’est normal que nos assiettes soient différentes).
Mais
depuis quelques semaines, la crise est de retour. Bref, je me fais des mégas
trip de bouffe. En cachette. Jamais quand il y a quelqu’un d’éveillé dans la
maison. Parce qu’on s’entend, c’est pas dans le chic et je ne veux pas que mon
fils de 6 ans me voit.
C’est
tout nouveau que je peux le nommer. Je l’écris même sur ma page facebook. Je la
rends plus humaine. Tout comme la fatigue ou le cancer. Elle existe.
Je
la sens venir. Et aujourd’hui, j’ai mis un mot sur tout ce mal.
Je
mange à me rendre malade (je ne me fais pas vomir, mais j’ai tellement mangé
que je suis incapable de bouger). Je me rends physiquement mal. Pour mettre le
doigt sur le mal-être indéfinissable dont je souffre.
Comme
si je me faisais souffrir volontairement pour avoir une douleur à vivre.
Comme
si le vide intérieur ou la douleur impalpable avait besoin de devenir réelle.
Tangible.
Malsain.
Je sais.
Malsain,
parce qu’elle est réelle cette souffrance.
Si
je pouvais courir au moins. J’aurai mal aux mollets, je serai essouflée… ça serait plus santé, tsé!
Hier,
après avoir pris un bain après le trip (j’avais tellement mal au ventre), je me
suis dis que tant qu’à manger de la scrap, pourquoi ne pas profiter des bonnes
choses de la vie. J’ai du bon vin et des bons fromages (restant d’un party).
Aussi bien se relaxer avec un p’tit verre (ou 2 ou 3) de vin rouge bio…ça a bien finit ma journée.
Peut-être qu'aujourd’hui, après plusieurs jours de trip de bouffe, la crise est terminée.
Après tout, je commence chaque jour du bon pied avec plein d’espoir sur la
qualité/quantité de ma nourriture.
Demain,
je vois mon acupuncteure qui me traite pour la fatigue chronique depuis
plusieurs années. Elle m’aide aussi pour ces crises. Je l’aime beaucoup. Elle
ne me juge pas. Je suis en sécurité dans son bureau. Même avec des aiguilles
plein le corps. ;)
Aujourd’hui,
je demande à l’univers de me donner la force de contrôler cette maladie.
Juste
pour aujourd’hui. Car pour aller mieux, il faut commencer une journée à la
fois.
Les suivantes sont plus faciles.
Gardons
espoir.
Namasté.
La boulimie,
un trouble des conduites alimentaires, est caractérisée par un rapport pathologique à la nourriture, se manifestant par des ingestions excessives
d'aliments (allant jusqu'à l'inconfort gastrique), de façon répétitive et durable. Ces ingestions, appelées crises de
boulimie, peuvent durer entre quelques minutes et plusieurs heures. Cette
maladie est souvent apparentée à une forme d'addiction, dans la mesure où
l'individu entretient avec la nourriture un rapport similaire à la toxicomanie.
La boulimie est une des formes les plus sévères des troubles
alimentaires avec l'anorexie. La crise de boulimie se caractérise par une augmentation
pathologique du besoin de nourriture, sans nécessairement ressentir la faim.
Elle est la plupart du temps suivie par un sentiment très fort de colère ou de dégoût de soi (notamment dans le cas d'une boulimie vomitive).
L'individu boulimique peut avoir recours à certains actes en vue de stabiliser
son poids, tels que la provocation du vomissement, l'utilisation inappropriée
de laxatifs et/ou de diurétiques, la pratique excessive de sport et une
restriction alimentaire très sévère. On associe souvent la boulimie aux
vomissements bien qu'ils ne soient pas systématiques. Ces actes ont pour
principal objectif de réduire au maximum la quantité de calories ingérées lors
de la crise de boulimie. Bien que la personne boulimique croit réussir à
éliminer toutes ces calories, ce n'est bien souvent pas le cas et, en général,
les crises s'accompagnent d'une prise de poids plus ou moins importante.
L’hyperphagie
boulimique est un trouble de santé mentale qui se caractérise par la présence
de compulsions alimentaires, mais sans méthodes compensatoires. Les épisodes de
compulsions sont souvent accompagnés d’un sentiment de perte de contrôle. À la
suite de cet épisode, la personne atteinte d’hyperphagie vit de la culpabilité,
de la honte, des sentiments de remords et du dégoût. Plusieurs complications
sur les plans social, physique et psychologique peuvent être reliées à
l’hyperphagie. Par exemple, la personne peut développer de l’anxiété, de la
dépression, de l’obésité, de la distension abdominale, du diabète, vivre de
l’isolement social ainsi qu’une grande préoccupation concernant son image
corporelle. Ce trouble de santé mentale demeure encore méconnu par plusieurs.
La souffrance engendrée par cette problématique demeure bien réelle.
mardi 2 mai 2017
Accepter son sort !?
![]() |
| C'est la vie ! |
Accepter
son sort. Ouin, pas sûre. Parce que la grande question, c’est :
est-ce que je me prends pour une victime, que je m’assoie sur la
maladie et je la prend comme excuse ou si je suis vraiment scrap?
Pour
une fille qui a tendance au perfectionnisme et qui s’est tapée
plusieurs dépressions à cause d’un abus de travail ou de
contrôle, est-ce vraiment une question qui se pose? …
Mais
d’un autre côté, c’est facile de se laisser prendre au jeu de
la « Carte cancer : C’est pas de ma faute, j’ai le
cancer ».
La
difficulté vient donc de séparer, le manque de motivation de la
maladie; la résilience du manque de volonté; ou le courage de
l’entêtement!
Bonne
chance!
Depuis
mon périple cancer, j’ai la chance de rencontrer une psychologue
spécialisée dans le cancer chez les jeunes adultes régulièrement.
Ben, oui, 38 ans, c’est encore jeune;) Au cours des dernières
années, nous avons travaillé sur ma capacité à accepter mon sort.
Un gros morceau.
-
Accepter mon sort? Comme dans : chu une larve et je l’accepte?
j’pense qu’on ne se comprends pas, làlà! Criss, j’ai même
pas 40 ans, j’ai pu de traces de cancer, ça PEUT PAS rester comme
ça!
-
Oui mais admettons que tu resterai dans cet état pour le reste de ta
vie. Si aujourd’hui, durait. Si : "it is what is it! "
-
Impossible.
-
Ha oui?
-
Je refuse. Je vais guérir. Je vais aller mieux. Ça se peut juste
pas. NON! RE-FU-SÉ!
Et
là, je me dis que je l’aime pas, c’te psy!
Et
les mois passent. Et je ne vais pas mieux. Remarque, je ne vais pas
pire, mais titi, je ne vais pas mieux. Alors, un choix s’impose. La
résilience. Mais comment lâchez prise sans abandonner. Là, est
toute la question.
Et
comme elle fait particulièrement bien son job de psy, soit de semer
une tite graine qui éventuellement poussera. L’idée a fait son
chemin. Intérieurement, spirituellement et surtout pas publiquement.
Je pouvais en parler à d’autres amies cancer. Elles sont dans le
même bateau. Mais en parler aux « normaux » c’est plus
ardu… ils vont vous sortir les phrases toutes faites, genre :
-
Est-ce que tu fais de la visualisation? Est-ce que tu veux vraiment
vivre?
-
As-tu changer ta façon de penser?
-
Change ton alimentation, arrête de stresser, médite!
-
Fais du sport!
Vous
voyez de quoi je parle? … Toujours plus facile de donner des
conseils quand on n’est pas dedans. C’est comme quand je jugeais
tout un chacun avant d’avoir un enfant...je parlais à travers mon
chapeau. Tout en sachant que c’est pour mon bien, ou à tout le
moins pour qu’ils se sentent mieux de t’aider avec ces conseils.
Et
une partie de moi, est « normale », mon cerveau m’envoie
déjà ce genre de jugement. Je n’ai pas vraiment besoin des autres
pour ça.
Et
puis un matin, je me suis levée et j’ai accepté. J’ai réalisé
que si j’avais à vivre avec la maladie ou ses séquelles pendant 1
mois ou 10 ans. Aussi bien apprendre à vivre avec et avec le sourire
idéalement.
De
retour chez la psy :
-
J’accepte mon sort!
-
Ha oui? Raconte moi ça.
-
Ben, depuis plusieurs mois, je n’ai aucune amélioration. J’avais
un plan de guérison qui semble ne pas fonctionner (tsé, quelques
mois à la maison sans traitement, j’aurai dû retourner travailler
rapidement). Je suis toujours en convalescence et j’apprends à
vivre avec. Chaque matin que je me réveille, je ne sais pas dans
quel état je serai. Je ne sais pas comment se déroulera la journée.
En
moyenne, je suis « bien » version cancer, c’est à dire
5\10, à peine plus d’une fois par semaine.
Je
vois une ostéopathe, une acupunctrice, un naturopathe, un médecin
de famille, une psychiatre, une psychologue, une massothérapeute,
une ergothérapeute, un kinésiologue. Je mange le mieux possible
(avec des écarts régulièrement, mais y’a un effort), je me
repose entre 2 activités de la vie quotidienne (vaisselle, lavage,
routine avec l’enfant). Je vais nager une fois par semaine.
J’écris, je fais des lectures sérieuses mais pas trop. J’essaie
de prendre l’air tous les jours. Je prends mes médicaments, mes
produits naturels. À l’occasion, je médite ou je me dépose dans
le moment présent. J’ai même une mini vie sociale.
Criss,je
peux pas faire mieux.
Faque,
j’accepte. That’s it. Que ça puisse rester comme ça. Parce que
je ne vois aucunement de quelle façon, je pourrais changer quelque
chose à tout ça. Je fais tout en mon pouvoir pour changer les
choses que je peux changer. Mais il semble que j’ai pas de contrôle
sur pas mal d’entre elles.
-
Tu me rassures. Je voulais valider que tu ne t’asseyais pas sur la
maladie.
-
Je ne crois pas. Je continue à faire tout ce que je peux. Mais
j’abandonne la recherche de résultat. Je fais ce que je peux.
Point.
Et
dans tout ça, j’essaie de trouver les points positifs. Sans
toutefois dire merci à la maladie. Y’a des limites. Mais je peux
apprécier le temps que je passe avec mon fils. J’ai arrêté les
traitements afin de pouvoir passer du temps de qualité avec Chaton.
Afin de lui offrir des souvenirs d’une vraie maman. Et je le lui
offre. Il a une vraie maman, une maman plus fatiguée que les autres,
mais il n’a plus une maman malade et alitée. C’est toujours ça
de pris. Et lors de mes bonnes journées, je créer. Je couds,
j’écris, je fais de l’artisanat, je peux même aller faire un
peu de bénévolat à la garderie. Je prends du temps pour mes
passions. Je pense même à finir l’album de bébé du Chaton…
tsé 5 ans, faudrait que je le termine…;) j’ai même parfois un
peu d’énergie pour faire l’amour à ma douce moitié.
La vie est belle.
mercredi 22 mars 2017
La culpabilité d'une maman avec un cancer
La
grande question à savoir si je suis une bonne maman m’a effleurée
l’esprit dans les derniers mois, mais c’est suite à une
conversation avec une « amie cancer » que la réflexion
s’est vraiment amorcée. On parlait d’accepter notre sort pis on
s’est mise à pleurer sur nos enfants, sur comment on n’était
pas des bonnes mamans. Comment on aurait mieux fait de ne pas en
faire - tsé, en plein resto… bravo les filles ;) -
Mais bon, c’est pas grave, avec la maladie y’a des bouttes
d’orgueil qui ont disparus! Faque braillons et tant pis pour la
serveuse qui ne sait plus trop où se mettre. Ça aura le mérite de
relâcher les tensions.
La
maternité, avec ses hauts et ses bas de plusieurs kilomètres de
distance, m’a montré le pire comme le meilleur. Mon dieu que j’en
ai vécu des émotions depuis que ce petit être est arrivé dans ma
vie. Pas que j’en n’avais pas vécues avant, mais tout est plus
intense avec un enfant. C’est comme être sur l’ecstasy,
mais de l’amour et de la fatigue. En alternance. Des montagnes
russes, tsé. Ça, c’est la vie normale de parents. Avoir la
responsabilité totale d’un autre être m’a transformée. Et si
insouciante j’étais; inquiète et coupable, je suis devenue. Bref,
je suis une maman.
Pis
là, tu ajoutes les facteurs stress, inquiétudes et épuisement (et
ne me sortez pas la fameuse phrase : « oui, mais on est
tous fatigués ». Ne-non, la fatigue du cancer, c’est comme
une fatigue sur l’ecstasy
(j’en
parle comme si j’en avais déjà fait… c’est une image, tsé ). Est fichtrement fatigante, la
fatigue. En fait, le mot fatigue n’est pas adéquat, c’est une
mauvaise traduction de l’anglais. On devrait dire épuisement.) Et
la culpabilité, déjà présente, prends du poids.
Suis-je
une bonne mère?
En
fais-je assez? Trop?
Est-il
heureux? Assez stimulé? Trop?
Sera-t-il
équilibré? Traumatisé?
Une
maman qui disparaît à l’hôpital, ça choque, non? Il est si
jeune… blablabla
Une
maman qui dort plus que lui, c’est bizarre, non?
Dois-je
– puis-je – en faire plus? si seulement, j’en étais
capable!
Autant
de questions que de situations.
Je
sais bien que toutes les mamans se sentent coupables. Je ne sais pas
pourquoi, l’amour inconditionnel, j’imagine. On veut le meilleur
pour notre progéniture. On a donc la culpabilité facile. Je pense
que je peux dire que les mamans avec le cancer, la ressente aussi. Je
ne sais pas si c’est pire. On dirait qu’on se sent coupable
d’être malade. Tsé comme si on n’avait pas assez de pression –
genre celle de guérir. Faut qu’on se rajoute celle-là.
Peut-être
à cause du côté « préventif » du cancer. Dans le sens
de « as-tu vraiment TOUT fait pour éviter ça? » non?
Pis t’as fait un petit pareil?? Coupable! Peut-être pas, non plus.
Y’a plein de cancers et de maladies dont on ne connaît pas les
causes. À moins qu’on se mette à chercher dans le
psychosomatique, pis là, ben BINGO : « comment ça ?!?
t’as pas réglé tes problèmes avant de faire des enfants!? Tsé
veut dire. Mère indigne. »
Je
me demande ce que j’offre à cet enfant. Une maman fatiguée, une
maman malade, une maman impatiente, une maman qui se sauve en
vacances parce qu’elle recherche le silence. Une maman qui ne peut
pas lui offrir de frère ou de sœur. Une maman qui risque de
mourir dans sa petite enfance.
Pis
c’est là que cette réflexion amène le « si j’avais su »,
j’en n’aurai pas fait d’enfant. Tant qu’à lui offrir une vie
de tristesse et de deuil et de « maman est fatiguée, mon
chaton ». Tsé.
Et
c’est cet enfant qui vient me faire un bisou, m’offre son doudou
et ferme ma porte « pour ne pas me déranger ». Ça crève
le cœur. De tristesse mais de fierté aussi. Qu’il est empathique,
du haut de ses 4 ans.
Je
sais, c’est rushant comme réflexion. Je veux le protéger. Je ne
veux que son bonheur. Même si je sais tellement que la vie n’est
pas que bonheur et amour. Et c’est ça qui fait que je me pose la
question. Je ne veux pas qu’il souffre.
Mais
qui aurait pu savoir? Le c#&@ de cancer ne s’annonce pas
d’avance. Tsé.
Et
on l’en remercie, égoïstement, parce que si on avait su pis qu’on
n’en aurait pas fait, j’aurai manqué les câlins, les grands
bonheurs du quotidiens, les ‘mamans je t’aime’, les
déguisements, les jeux et les jouets qui traînent partout, les
p’tits souliers dans l’entrée. Les toutous qui restent avec moi
pour me tenir compagnie pendant que l’enfant va vivre sa vie de
petit garçon. Et sa présence, qui malgré tout, me sauve la vie.
Et
je pense à tout ceux et celles qui en auraient voulus et que la
cigogne a ignoré. Et qui me lisent me plaindre le ventre plein.
Mais
tout part d’une bonne intention. Je veux le meilleur pour lui. Et
des fois, ben je me demande si le meilleur aurait été une autre
maman. Sincèrement.
Heureusement
pour moi, il n’y a pas de mère parfaite. Cancer ou pas. Je
voudrais ben, mais même si j’avais tout pour être la parfaite
petite maman, j’aurai des hormones qui me feraient me questionner
quand même. C’est humain. C’est féminin.
Non,
je ne suis pas une mauvaise mère. Pas plus que celle qui travaille
et qui court après son temps. Pas pire que la dépressive qui se
cherche dans sa grise de vie, pas plus que la monoparentale absente
une semaine sur deux, pas plus que la maman à la maison qui fait son
possible avec le sourire.
Et
je suis toujours en vie. À moi de lui offrir mon meilleur pour le
temps qu’il reste, une heure à la fois. Et il deviendra un enfant
sensible à autrui, empathique. Ça fera déjà ça de pris!
Le
mieux que je puisse faire, c’est d’être une maman heureuse.
Peut-être pas à tous les instants, mais une maman heureuse sera
toujours mieux qu’une maman qui se sent coupable. Et s’il faut
que je parte me ressourcer régulièrement, en bien, ressourcement,
il y aura! Non, je ne suis pas une mauvaise mère. Parce que je suis
la sienne. La seule qu’il a. Pour le temps que ça durera. Et
perdre ce temps précieux en culpabilité, c’est vraiment pas
nécessaire.
Après
tout, c’est bien connu : « être un parent, c’est
faire ce qu’on peut, pas ce qu’on veut. » Cancer ou pas.
![]() |
| Crédit photo : Geneviève Boucher |
mercredi 10 février 2016
Le combat
LE COMBAT:
Je crois que le moment le plus difficile est celui où on entend: «vos chances de survie sont». Même si «bonnes» termine la phrase, le fait de se faire parler de survie et de chances est surréel. Pareil comme dans la pub où, les personnes se font annoncer un cancer et tombe à la renverse. C’est comme recevoir un coup de 2x4 dans le front. Ça fesse!Chances de survie… à 34 ans, sérieux? Après avoir sauté en parachute, fais des «raves», avoir conduit avec un verre de trop dans le nez, s’être promener en jeep dans Kabul en guerre? Sérieux?!?
Après, c’est triste à dire, mais on s’attend à tout. Et on a peur. Enfin, moi, j’ai commencé à avoir peur. En même temps, j’ai commencé à nier. J’étais profondément convaincue qu’ils (tous les médecins) s’étaient trompés de dossier. Que même au moment de la chirurgie, il se rendrait compte que y’avait rien. «Hey gang, mais vous avez vérifié, pcq moé j’vois rien d’anormal…une belle fille de même et en santé… en plus elle mange ses légumes et fait du jogging… on s’est trompé, c’est sur! Elle a un ti-gars de 18 mois. Y’a une erreur certain. »
Ha-ah! Erreur! C’était le bon dossier. Hélas.
Voici donc l’histoire de mon combat:
La biopsie était pas trop alarmante. Un mélanome petit. Tout petit. Rien de bien grave. On l’enlève et c’est réglé.
Le problème avec une biopsie, c’est que ça indique une toute-petite-partie de la bête. Donc, si cette biopsie est mini-grave, le reste de la bête ne le sera peut-être pas. Et là, la peur reste dans ta tête, jusqu’à la prochaine étape.
La prochaine étape, c’est la visite au 10e étage de l’hôpital. Le premier d’une longue série.
Le dermatologue te demande pourquoi tu es dans son bureau. Il regarde la bête et quand tu lui dis que l’autre dermato a brulé la tâche à l’azote il y a 8 mois, il lève la tête et avec un air scandalisé dit: HEIN?! Pour finalement te dire qu’il aimerait enlever la tâche au complet aujourd’hui, qu’il va trouver de la place entre 2 patients.
- Hein?!
La biospie révèlera un mélanome relativement important. Assez pour en enlever plus large. Et là, on attend pour un appel du chirurgien. Et pendant qu’on attend, la bête fait des bébés… ben oui toé, ça pousse tout le tour. Aie aie aie. Ça n’augure pas bien! Faudrait qu’on opère, làlà. Parce que je sais pas pour vous, mais j’ai un cancer de la peau qui continue de me pousser dans le front… tsé veut dire. 'tez-moi ça de d’là!
Ça prendra 6 mois.
(La patience… on en jasera un autre tantôt.)
Et puisque ça aura pris 6 mois, que la bête aura fait des bébés, ben on ne prendra pas de chance et on en enlèvera plus large. Alors, plutôt que d’avoir une mince cicatrice presque invisible sur le bord du cuir chevelu, ben on se lance dans la greffe de peau de cuisse dans l’front! Let’s go! Et pendant qu’on y est, vérifions-donc les ganglions sentinelles du cou. Ne prenons pas de chance.
Et on me défigure.
J’ai des poils de cuisse qui me pousse dans le front. C’est pas une joke. Je m’épile le front. Os%*#. Mais je suis bénie, j’ai pas trop de poil sur les cuisses… et ils sont blonds. Doublement bénie.
On reçoit les résultats. Les marges sont claires, les ganglions ne sont pas infectés. Les plaies guérissent bien, les poils poussent bien (c’tune joke… on vérifie pas ça ;) )Tout est tigidou. Should be the end of it. Yahoo! On prend rendez-vous pour un TEP Scan dans quelques semaines pour vérifier que tout va bien.
Et on va au TEP SCAN. Ce scan comprend une injection de liquide radioactif qui brillera suite à l’ingurgitation du barium… 2 grands verres. C’est dégueulasse. Ce qu’on est prêt à faire pour survivre. Incroyable.
Résultat du scan.
- Vous avez quelque chose à la thyroïde, vous saviez?
Mais puisque la moitié de la planète a des nodules sur la thyroïde, on s’en fait pas, tsé. Pis j’ai eu un bébé et j’ai allaité, c’est surement relié. Faque on continue sa petite vie. Et la madame est contente d’avoir mis un crochet à côté du mot cancer dans la liste de sa vie (check!).
- On va faire une biopsie.
Une autre, avec mes piercings et toutes ses biopsies, je vais vraiment avoir l’air d’une passoire…
Et on reçoit les résultats… Et l’endocrinologue m’annonce le tout par téléphone – un vendredi matin à 7h30, il ne voulait pas que je me déplace et voulais m’annoncer la nouvelle le plus rapidement possible. Je l’ai trouvé vraiment sweet.
Cancer de la Thyroïde. HEIN?!
- Oui, mais un gentil cancer. Si vous aviez à en choisir un, c’est celui-là que vous voulez.
- Merci quand même, mais non merci.
Bon, là je veux bien rester positive pis toute, mais cancer de la thyroïde? Sérieux?!? Même pas relié au mélanome? Un autre, complètement différent, sans aucune relation? What the f$*%!?? On dirait que le thé vert et le curcuma, ça marche pas sur moé…
Et là, je commence à avoir encore plus peur. Je me vois déjà en train de me taper un cancer après l’autre, jusqu’à la fin des temps. J’haïs les hôpitaux!!!
Et je pense à mon p’tit bonhomme. Quel genre de mère il va avoir. Quel genre d’enfance je vais lui donner. Sincèrement. Chu déjà à boutte!
Faque. Faut enlever la thyroïde.
- Ouin, mais mettons que je la garde? Vu que c’est un bébé cancer…
- Vous pourriez en mourir.
C’est là que j’ai pas compris l’idée du bébé cancer… Si on peut en mourir, je vois pas du tout, le point de dire qu’il est gentil.
Mais quand t’as un ti-boutte de presque 2 ans à la maison… tu t’obstines pas trop longtemps… Le but premier en ce moment, c’est de ne pas faire un orphelin de mère de mon fils.
Finalement, après une Xe échographie, on voit un nodule de l’autre côté. Bon ben, tant qu’à ça, enlève toutte qu’on en finisse! M@*&%# cancer à m*$#e. Haaaa titi! Ok, je le signe ton papier! $%*!
Ça prendra 6 mois.
6 p’tits mois pour avoir une date d’opération. La patience… oui, oui, on en reparlera.
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